Les langues se délient mais les négociations s’interrompent !

RAM vs AMPL : Les langues se délient mais les négociations s'interrompent !

Source : LesInfos.ma

Le mouvement social qui oppose depuis le 18 juillet dernier la Royal Air Maroc (RAM) à ses pilotes, et entraîne de nombreuses perturbations et annulations de vols, s’enlise davantage. Le président de l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL), Amine Mkinsi apporte ses précisions.

Plus d’une centaine annulations de vols ont été enregistrées par la RAM depuis le début du mouvement social ! Une publicité dont le transporteur aérien national se passerait bien en cette période estivale. Enlisé dans un conflit social l’opposant aux pilotes de la compagnie et aux personnels navigants, la direction de la RAM avait participé à plusieurs rounds de négociations, en faveur des requérants. Interrogé par nos confrères de H24, Amine Mkinsi, président de l’AMPL et représentant des pilotes de la firme, semble désormais affirmer que le vent a tourné !

Finie la flexibilité excessive

Les tractations sont officiellement au point mort depuis le mardi 31 juillet, assure-t-il, avant d’indiquer que le principal point de désaccord demeure la « revalorisation salariale ».

Bien que présentés par la RAM, devant l’opinion publique, comme des grévistes gâtés, ces pilotes défendent des positions d’équité. En effet, explique Amine Mkinsi, « l’entreprise nous a proposé de maintenir les salaires actuels sans revalorisation pour les pilotes qui vont commencer à travailler dans deux ou quatre ans », indique la même source. Une situation qui générera fatalement « deux grilles de salaires » distinctes pour exécuter les mêmes missions, « faire le même travail ». Un principe auquel l’AMPL ne peut adhérer, s’insurge Amine Mkinsi.

Quant aux accusations de « grèves », l’AMPL souhaite remettre les pendules à l’heure ! Et pour cause, si perturbations et annulations il y a, elles ne sont en aucun cas imputables aux pilotes, explique le président de l’Association. « Tous les pilotes honorent le nombre de vols fixés dans leur planning. Aucun pilote n’a refusé de faire décoller un avion alors qu’il est programmé sur son planning mensuel », déclare Amine Mkinsi, dans les colonnes de H24. Néanmoins, les pilotes refusent désormais la flexibilité réclamée par la compagnie et ne « font plus des vols non-inscrits sur leur ordre du jour ».

Moins mesuré, un commandant de bord requérant l’anonymat et contacté par nos confrères de Médias 24, peste davantage contre cette situation estimée insoutenable. « Il est hors de question de continuer à assurer des vols imprévus alors que nous ne sommes pas assez nombreux. Afin de ne pas se retrouver dans la situation de blocage actuel, la direction n’aurait pas dû concocter un programme pour 700 ou 800 pilotes alors que nous ne sommes que 540 à la compagnie ». Pour ce commandant de bord, la seule responsable de ces multiples désagréments dans les aéroports est la RAM elle-même.

Statu quo

La compagnie « a préféré mettre les bouchées doubles sur les ventes de billets sans tenir compte de sa capacité humaine à transporter ses clients », dénonce la même source, qui évoque une « politique de vente catastrophique ». Course effrénée à la rentabilité, commercialisation de destinations sans un nombre suffisant de clients, annulations de dernière minute car trop peu de billets vendus sur certains vols etc.,  autant de biais qui poussent la RAM à « remplir des avions qui n’étaient pas programmés », ajoute le commandant de bord, qui déplore cet environnement de travail et regrette d’être désigné comme « bouc-émissaire » dans cette affaire.

Le président de l’AMPL qui confirme toutes ces problématiques de planification, de programmation et d’affrètement des avions, annonce que les pilotes entendent « maintenir l’état actuel des choses jusqu’à ce qu’un compromis avec la direction soit trouvé » ! Aucun délais n’a de fait été fixé…

Si certaines voix évoquent d’ores et déjà un maintien du conflit jusqu’en septembre, une certitude demeure en revanche : tous les vols en partance vers l’Arabie Saoudite pour le pèlerinage de cette année ne seront pas impactés par le mouvement, certifie Amine Mkinsi.

 

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