Une levée des restrictions est-elle envisageable ?

La situation épidémiologique du Maroc est en constante amélioration. Le pays est désormais dans le “vert” et la vague Omicron touche à sa fin. Pour Pr Azeddine Ibrahimi, l’amélioration des indicateurs de la pandémie dans le pays encourage l’allégement, voire la levée totale, des mesures préventives et sanitaires en vigueur. D’ailleurs, la durée de l’état d’urgence sanitaire est au menu du Conseil de gouvernement de ce jeudi 24 février.

Par Nora Jaafar

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Covid-19 : une levée des restrictions est-elle envisageable ?

Policier veillant au respect des mesures de l’état d’urgence sanitaire. © DR

Le Maroc a atteint le “niveau vert” en termes de pandémie de la Covid-19 et la vague Omicron dans le pays touche à sa fin. Le nombre de contaminations au virus continue de baisser, a indiqué Mouad Merabet, le coordinateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique, notant que «le taux des nouvelles infections a chuté de 52%, et la circulation virale a encore ralenti à travers le pays». Cette tendance baissière a également été observée au niveau du nombre d’admissions en soins intensifs et en réanimation, qui a diminué de 49,3%, et dans le nombre de décès hebdomadaires, qui a diminué de 40%, selon le responsable.

Ce lundi, le ministère de la Santé a signalé 190 nouvelles infections à la Covid-19, portant le nombre de cas dans le pays depuis mars 2020 à 1.159.157. Le nombre de personnes décédées en raison d’une infection au virus est quant à lui passé à 15.916, avec 22 nouveaux décès signalés au cours des dernières 24 heures.

Faut-il envisager une levée des restrictions ?

Selon Pr Azeddine Ibrahimi, directeur du laboratoire de biotechnologie à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, membre du Comité technique et scientifique, il est temps d’alléger, voire même de lever complètement, les restrictions anti-Covid-19 en vigueur. Dans une publication sur son compte Facebook, l’expert a souligné qu’«il est peut-être temps d’annoncer un calendrier au regard des indicateurs… Tout le monde au Maroc souhaite et aspire à sortir de la lassitude psychologique due à l’incertitude des lendemains».

Il a expliqué que le pays répond désormais aux critères scientifiques de base nécessaire à un retour à un rythme de vie normal. Pr Ibrahimi a souligné en ce sens que le remplissage des salles de réanimation n’est plus contraignant pour le système sanitaire et que la chute du nombre des nouvelles contaminations a permis la maîtrise et le contrôle du virus sans risque «d’attiser la pandémie». Aussi, il a noté que «le statut immunitaire des citoyens, dépendant de l’absence d’une nouvelle mutation du virus, n’est pas le problème. Le but étant de protéger du décès les sexagénaires et les personnes dont l’état de santé est vulnérable».

À la lumière de ces facteurs, le professeur estime que le Maroc peut envisager la suppression des mesures restrictives liées à la Covid-19. «Beaucoup de développements scientifiques ont été constatés avec l’apparition du variant Omicron et nous permettent de réfléchir à la levée progressive des restrictions imposées par la Covid-19. Nous avons une feuille de route et un calendrier clairs. Il faut donc redonner confiance au citoyen et à l’investisseur sous le slogan “Maroc est ouvert à toutes les transactions”. En fait, les restrictions restantes sont de deux types, soit des décisions que nous avons abandonnées et n’avons pas annoncé que nous les avons abandonnées. Soit des mesures objectives que nous pouvons mettre à jour. Dans les deux cas, il faut l’annoncer en toute responsabilité et transparence», fait observer Pr Ibrahimi.

Ce dernier recommande, de ce fait, l’ouverture des stades, par exemple, «le sport étant un exutoire pour soulager la terrible pression citoyenne subie de nos jours», ou l’accomplissement des prières des “tarawih” dans les mosquées pendant le mois sacré de ramadan. Il suggère aussi l’allégement du protocole sanitaire dans les écoles, car certaines de ses dispositions, notamment le port du masque, affectent le psychique des enfants.

D’autres pays sont déjà revenus à un rythme de vie normal

Alors que la prolongation ou la levée des dispositions de l’état d’urgence sanitaire sera discutée ce jeudi lors de la réunion du Conseil de gouvernement, d’autres pays ont déjà retrouvé leur rythme de vie prépandémique. En effet, le Danemark, la Suède et Israël ont déjà levé les restrictions sanitaires anti-Covid-19. L’État hébreu, pionnier de cette mesure, a renoncé au pass vaccinal, affirmant que son utilisation n’est plus justifiée. «La vague Omicron a été jugulée. Il y a désormais une forte baisse du nombre de malades graves et de contaminés», a assuré Naftali Benett, le premier ministre israélien.

Du côté du continent américain, la province canadienne du Québec a suivi l’exemple d’Israël, mettant fin à l’obligation de présenter un pass vaccinal valide. Le Royaume-Uni, l’Irlande, la Croatie ou encore la Catalogne ont également abandonné cette mesure, qui ne sera plus en vigueur en Autriche aussi à partir du 5 mars.

Enfin, tout porte à croire que le Maroc est sorti de la zone de danger et qu’il peut maintenant lever ne serait-ce que certaines restrictions liées à la pandémie de la Covid-19. Un allègement ne serait d’ailleurs que le bienvenu en ce moment pour plusieurs secteurs, notamment ceux du tourisme, des transports et de l’événementiel, surtout que le mois de ramadan et la saison estivale approchent à grands pas.